«Ils étaient écrasés comme des sardines»

«Ils étaient écrasés comme des sardines»

Le déraillement d'un train régional a fait au moins trois morts et dix blessés graves jeudi matin près de Milan, ont annoncé les secouristes.

Ce déraillement, dont les causes précises ne sont pas encore connues, a eu lieu vers 7 heures aux abords de la grande métropole du nord de l'Italie et a fait aussi une centaine de blessés légers, selon les services de secours.

En fin de matinée, les opérations de secours étaient terminées, toutes les personnes présentes à bord du train ayant été évacuées, selon les pompiers qui ont confirmé le bilan de trois morts et d'une dizaine de blessés graves, dont cinq avec un pronostic vital engagé.

«Les gens qui vont bien sont dans deux gymnases. L'un à côté, l'autre à Segrate. Ils sont soutenus par des psychologues et d'autres personnes qui contrôlent les blessures», a expliqué un coordinateur de la protection civile.

Les journalistes étaient maintenus dans un champ à une centaine de mètres du lieu du drame, où l'un des wagons gisait, plié presque en angle droit, en travers de la voie.

Des images diffusées par les pompiers italiens ont montré au moins un passager bloqué dans son siège, entouré par la tôle du toit et de la paroi du wagon déformé par le choc.

 

«Maman, au secours!»

Une mère a raconté au quotidien «La Repubblica» que sa fille l'avait appelée au moment de l'accident. «Maman, au secours, le train est en train de dérailler», a-t-elle eu le temps de dire à sa mère.

Selon des témoignages recueillis sur place, le train s'est mis à trembler fortement, comme s'il passait sur des rochers. Il y a eu ensuite un coup de frein très brutal et le train a déraillé. «Pour nous, qui étions dans le dernier wagon, ça a été, il y a seulement eu quelques blessures légères, mais devant nous, dans l'avant-dernier wagon, ils étaient écrasés comme de sardines», a déclaré une voyageuse à «La Stampa».

Le parquet de Milan a ouvert une enquête et les enquêteurs ont commencé à interroger le conducteur du train. Selon un responsable de Rete Ferroviaria Italiana (RFI), le gestionnaire du réseau, l'une des hypothèses retenues pour expliquer l'accident serait une rupture du rail constatée sur une vintaine de centimètres. Mais l'enquête devra établir si cette rupture est «la cause ou la conséquence de l'accident», a précisé ce responsable.

«On est en train de vérifier la dynamique, les structures des rails... Tout doit être vérifié pièce par pièce. Malheureusement, ce train était plein. Si le bilan actuel est confirmé, ça serait presque un miracle. Le train était bondé, des travailleurs, des étudiants...», a déclaré à la presse le préfet de police de Milan, Marcello Cardona.

«Soit le rail, soit le bogie du train ont eu un problème», a pour sa part expliqué Dario Balotta, représentant l'Observatoire national des Transports italiens. «Il faudra voir à quel moment le train a quitté la voie parce que la moitié avant est partie d'un côté tandis que l'autre est allée dans la mauvaise direction», a-t-il ajouté.

 

Six ou huit wagons

L'accident s'est produit aux environs de Segrate, dans la banlieue nord-est de Milan, un des derniers arrêts avant le centre de la métropole. Ce train régional, parti de Crémone à 5h32 devait arriver à Milan à 7h24.

Ce train, composé de six ou huit wagons, selon les sources, appartient à la compagnie régionale lombarde Trenord, détenu à parts égales par le groupe public Trenitalia et Ferrovie Nord Milano FNM), une entreprise ferroviaire qui opère principalement dans le nord de la péninsule.

Vers 8 heures, Trenord a informé les passagers de l'interruption du service due à un «problème technique sur un train», provoquant de vives critiques sur les réseaux sociaux.

«Ces dernières années, on a plus investi sur les trains à grande vitesse et les grandes lignes que sur le réseau qui doit servir aux gens qui vont travailler tous les jours. Il faut une réflexion politique sur la nécessité de plus investir pour les trains de banlieue», a déclaré Cattaneo Raffaele, président du conseil régional de Lombardie.

Cet accident est le plus grave depuis la catastrophe ferroviaire qui avait fait 23 morts en juillet 2016 dans les Pouilles (sud).

 

 

Source: 20 Minutes