«J´ai hurlé pour quils me laissent embarquer»

«J´ai hurlé pour quils me laissent embarquer»

Pour quelques secondes de retard, un entrepreneur grec n'a pas pu monter dans l'avion qui s'est écrasé dimanche. Il raconte cet incroyable coup du destin.

Antonis Mavropoulos ne verra plus jamais la vie de la même façon. Et pour cause: à l'heure qu'il est, il ne devrait plus être de ce monde. Le Grec, qui dirige une entreprise de recyclage, devait se rendre à Nairobi pour assister à la conférence des Nations unies sur l'environnement. Son plan de vol prévoyait une escale à Addis Abeba, d'où l'homme d'affaires était censé embarquer à bord du vol 302 pour Nairobi. Décollage prévu à 8h38.

Quand il a atterri dans la capitale ethopienne, Antonis n'avait que 30 minutes pour attraper sa correspondance. «Quand je suis arrivé, l'embarquement venait de s'achever et j'ai vu les derniers passagers dans le tunnel menant à l'avion. J'ai hurlé pour qu'ils me laissent embarquer, mais je n'en ai pas eu le droit», raconte le Grec dans un post Facebook, photo de sa carte d'embarquement à l'appui. 

 

«Il m'a conseillé de remercier Dieu»

Antonis raconte à la chaîne grecque Skai TV que le fait de rater cet avion l'a mis en rogne. Les employés de l'aéroport se sont toutefois montré bienveillants, présentant leurs excuses au voyageur et se démenant pour lui trouver un autre vol. Après trois heures d'attente, l'entrepreneur s'apprêtait à enfin embarquer lorsque deux agents de sécurité lui ont annoncé qu'il ne pouvait pas monter dans cet avion pour des raisons de sécurité. 

Vert de rage, Antonis a invectivé les gardes, qui l'ont emmené vers leur supérieur. «Il m'a poliment demandé de ne pas protester et m'a conseillé de remercier Dieu, parce que j'étais le seul passager à n'avoir pas embarqué à bord du vol 302, qui était porté disparu», témoigne le Grec. Dans un premier temps, l'homme d'affaires a cru qu'on lui mentait, mais l'attitude de son interlocuteur a rapidement dissipé ses doutes. 

 

Du mal à dormir

Pendant que la sécurité vérifiait l'identité du voyageur et la raison pour laquelle il n'avait pas embarqué sur le vol 302. Antonis pense qu'il doit son salut au fait de n'avoir pas enregistré de bagage au check-in. «Je n'avais pris qu'un bagage à main, parce que je savais que le temps entre les deux vols serait court. Si j'avais enregistré mon bagage, ils m'auraient attendu», imagine-t-il. Antonis, qui se trouve toujours à Nairobi, a bien du mal à trouver le sommeil. «C'est difficile de comprendre tout ce qui s'est passé», confie-t-il. Il dit avoir raconté son histoire sur Facebook dans l'espoir d'exorciser ce choc. «Je veux dire à tout le monde que les fils invisibles de la chance – les circonstances imprévisibles –tricotent la toile de notre vie. Il y a des millions de petits fils que nous ne ressentons jamais, mais si l'un se casse, toute cette toile se déroule instantanément», conclut-il.

 

 

 

Source: 20 Minutes